← Retour au blog

Les deux Kwiiz, tout de suite

Le peuple suisse vote le 27 septembre 2026 sur deux initiatives populaires. Chacune a son Kwiiz, gratuit, jouable sans compte :

Les deux sont calibrés pour le gymnase et l’école professionnelle, et rattachés aux objectifs de droit constitutionnel, d’institutions suisses et de distinction entre faits et opinions. Ouvre la fiche pour lire la description complète, voir l’objectif du plan d’études visé et lancer le Kwiiz — deux minutes suffisent pour décider s’il a sa place dans ton cours.

Ce que ces Kwiiz ne font pas. Ils ne disent pas quoi voter, ne résument pas les enjeux à ta place et ne notent personne sur une opinion. Ils font travailler une seule chose : distinguer un fait vérifiable de l’argument d’un camp.

Le problème n’est pas le contenu, c’est la pente

Écrire des questions justes sur un objet de vote n’est pas difficile. Ce qui est difficile, c’est qu’un quiz sur un objet politique penche tout seul, sans que personne ne l’ait décidé.

Trois mécanismes, qu’on a vus à l’œuvre sur nos propres brouillons :

Une source qui fait la moitié du travail

Nous n’arbitrons rien, parce qu’une source le fait déjà : la brochure d’explications de la Chancellerie fédérale, celle qui arrive dans ta boîte aux lettres. Elle est symétrique par construction. Chaque camp y rédige ses propres pages d’arguments, sur un espace égal, et la brochure l’imprime noir sur blanc : « Le comité d’initiative est seul responsable du contenu et de la formulation des arguments figurant ci-dessus. »

Une nuance qu’on a apprise en route : les deux camps n’y ont pas le même statut. Le comité signe ses pages ; le Conseil fédéral et le Parlement y exposent la recommandation officielle des autorités. En voulant les mettre à égalité parfaite, on avait déformé la source — croire bien faire est une manière courante de se tromper.

Ce qu’on s’interdit

Ces règles ne sont pas des précautions ajoutées après coup. Elles sont la matière même de ces Kwiiz :

On n’a pas demandé à une IA d’être neutre

C’est le point où la plupart des méthodes s’arrêtent — et où elles échouent. Demander à un modèle « ce quiz est-il neutre ? » ne trouve rien : il répond oui.

On a donc inversé la question, et mis plusieurs modèles en position de nous prendre en défaut :

Un déséquilibre est invisible quand on relit un texte ligne à ligne. Il devient mesurable quand deux plaidoiries opposées se comparent : si un camp remonte beaucoup plus de reproches que l’autre, le document penche, même si aucune phrase ne le montre.

Cinq passes de correction ont été nécessaires. Les trois premières ont chacune créé un nouveau défaut en réparant le précédent.

Comment on sait que le détecteur ne dort pas

Un contrôle qui ne trouve rien peut vouloir dire deux choses : qu’il n’y a rien, ou qu’il ne cherche pas. Les deux se ressemblent beaucoup.

On a donc fabriqué une version volontairement biaisée d’un des deux Kwiiz — quelques adjectifs valorisants d’un côté, un tri d’arguments déséquilibré, une explication qui juge au lieu de citer — et on l’a soumise au même détecteur, avec la même consigne.

Le résultat, chiffré. Le détecteur note la version biaisée 82 sur 100 de signal de parti pris, et les deux Kwiiz publiés 20 et 19. Un contrôle qui ne détecte pas un biais qu’on y a mis soi-même n’est pas une garantie : c’est un décor.

Ce que ça a trouvé, et qu’une relecture humaine ne voit pas

Voilà ce que le dispositif a remonté sur nos propres brouillons. Aucun de ces défauts n’aurait survécu à une lecture attentive : il fallait les mesurer pour les voir.

Ce qu’on n’a pas résolu

Un exercice demande de ranger des arguments du côté du camp qui les défend. Il reste en partie devinable au registre : celui qui propose critique l’existant, celui qui s’y oppose le défend et pointe le coût du changement.

On aurait pu le rendre plus difficile en neutralisant les formulations — mais cela aurait voulu dire faire dire aux camps autre chose que ce qu’ils disent. Entre la fidélité à la source et la difficulté de l’exercice, on a choisi la fidélité, et on préfère l’écrire ici que de laisser croire à une perfection.

En classe

Ces Kwiiz supposent que la brochure ait été présentée avant. Joués à froid, ils tombent : un élève qui n’a rien lu répond au hasard, ce qui n’apprend rien à personne. Joués après une séance de présentation, ils font apparaître ce qu’on a vraiment retenu — et surtout ce qu’on a pris pour un fait alors que c’était un argument.

Deux minutes d’introduction orale sur le vocabulaire administratif (alinéa, arrêté, disposition transitoire) suffisent pour une classe d’apprentis ; au gymnase, ce n’est en général pas nécessaire.

Source unique : « Votation populaire du 27 septembre 2026 — Explications du Conseil fédéral », Chancellerie fédérale, bouclage du 19 juin 2026. Les faits de procédure hors brochure ont été vérifiés contre la Constitution fédérale (art. 139) et la loi fédérale sur les droits politiques (art. 69 et 71). Les deux Kwiiz ont été relus et validés avant publication, comme tous ceux de la bibliothèque.